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Q : Gwelan, vous présentez « Couleurs de Vie », votre méthode d'investigation énergétique. Pouvez vous en expliquer les principes ?

R : Avec plaisir ! Il y a une méthode qui est beaucoup utilisée en astronomie pour s'informer sur les caractéristiques des astres, c'est d'observer la façon dont ils absorbent et restituent la lumière. Je me suis un peu inspiré de ce principe, sur la base de l'idée simple que tout est énergie, et par conséquent, la façon dont une personne ou quoique ce soit qui ait une existence, absorbe et restitue les différents aspects de l'énergie universelle, devrait nous renseigner sur son état.

Q : Quelle est votre approche personnelle de l'énergie ?

R : J'en ai une approche très intuitive, principalement dans le domaine de la vibration. Vous savez, j'ai évolué dans le milieu de la musique pendant toute ma vie, et quand on fait de la musique, on vit ces choses-là de façon très instinctive parce qu'après tout, c'est au coeur de l'art lui-même mais aussi au cœur de la relation avec le public qui est une chose vraiment très étrange, qu'on «  sent  » sans bien savoir avec quel organe. Ce sont des choses parfaitement impalpables mais dont la perception fait partie intégrante du métier.

Et comme j'étais plutôt intuitif, parallèlement à la musique, je me suis toujours beaucoup intéressé à ce qui touchait à la notion de sixième sens, jusqu'au jour où j'ai compris que ça pouvait aussi se travailler, et là, je suis rentré davantage dans le vif du sujet, par le biais du magnétisme, de la parapsychologie, de la médiumnité, de la géobiologie, de la radiesthésie, des disciplines de cet ordre.

Q : Mais ce sont des disciplines qui sont encore très controversées.

R : Oui, c'est le moins qu'on puisse dire, mais on ne leur fait pas non plus que de bons procès. C'est déjà en partie lié à la position des sciences humaines en général dans nos sociétés, et puis ces controverses sont compréhensibles jusqu'à un certain point dans la mesure où ces disciplines sont effectivement liées à des dispositions personnelles et qu'il n'y a pas d'étalon de la sensibilité déposé au Bureau des Poids et Mesure, çà dépend de chaque personne. Mais enfin, d'un point de vue strictement théorique, il y a quand même la physique quantique qui est passé par là il y a plus de cent ans maintenant, et la théorie des champs permet aujourd'hui non seulement d'expliquer mais même de modéliser ces types de phénomène. Il ne faut pas se tromper de siècle non plus !

Mais enfin, effectivement, ça reste assez paradoxal, dans une société post-quantique qui de plus affiche la liberté et l'égalité sur tous ses frontons, que ce genre de disciplines doivent toujours subir une discrimination qui les assimile à des activités honteuses ou ridicules. Bon, d'un autre côté, ça donne un petit parfum d'interdit, alors je ne sais pas ce qui est le mieux, si c'est d'être reconnu ou d'être désirable.

Q : Et comment passe t-on de la musique à la lecture énergétique ?

R : Mais ce n'est pas fromage ou dessert, vous savez ! Disons que c'est le résultat d'expériences personnelles, de prises de conscience. Vous ne vous réveillez pas un matin en vous disant : « bon, maintenant j'arrête çà et je fais autre chose ! ». C'est un goût qui vient progressivement, çà prend du temps. On est même plutôt réticent quand les amis vous disent : « tu devrais être consultant ! ». Ça nous semble une grosse marche à franchir : c'est un engagement quand même ! Et puis il y a toujours l'angoisse de la fausse note, du droit à l'erreur, alors, forcément, on y va un peu à reculons.

Q : Qu'entendez-vous par le droit à l'erreur ?

R : Le fait que ça reste malgré tout une activité humaine et je ne crois pas qu'aucune activité humaine puisse prétendre à la perfection. Donc, accepter d'exercer, c'est aussi accepter d'assumer cette éventualité de l'erreur. Vous savez par exemple qu'en France aujourd'hui, les médecins ont obligation de soigner leurs patients, mais pas de les guérir, et après tout, ce ne sont que des médecins, pas des faiseurs de miracle – vous me direz que ça n'empêche pas les procès ! - mais je trouve quand même que c'est un statut très confortable par rapport au sans faute qu'on attend bien souvent des disciplines dites sensibles. Alors au début, on a un peu ça comme une épée de Damoclès au dessus de la tête, et puis, avec le temps, disons que ça devient moins dramatique, moins théâtral, mais ça revient quand même de temps en temps, lorsqu'on se retrouve avec des choses un peu délicates à annoncer.

Q : Depuis combien de temps pratiquez-vous ces lectures énergétiques ?

R : Depuis une bonne quinzaine d'années maintenant, mais sur la base d'un protocole personnel qui n'a eu de cesse d'évoluer pendant tout ce temps, et qui continu d'évoluer d'ailleurs. Rien n'est jamais statique. Je suis passé par différentes phases, j'ai mis en œuvre plusieurs types d'approche ou de technique qui avaient chacune leurs qualités et leurs inconvénients mais qui ont surtout eu l'avantage de me présenter la réalité énergétique sous plusieurs angles.

Q : Pouvez vous préciser un peu les différentes techniques que vous avez utilisées ?

R : Si vous voulez, pour faire court, c'est le magnétisme qui a tout d'abord été mon grand révélateur. Ça m'a apporté la conscience de la réalité vibratoire des choses et des gens et surtout du fait que cette réalité était parlante. Sinon, dans mes débuts, après une formation en parapsychologie, j'ai surtout pratiqué en vision à distance, ce que les anglo-saxons appellent « remote viewing ». J'utilisais la méthode de dédoublement de Raymond Réant qui n'implique pas de catalepsie lourde du corps physique, et n'exige aucune transe profonde non plus. Ça a été une école absolument formidable avec un inconvénient majeur quand même, c'est que lorsque vous vous projetez comme ça plusieurs heures par jour, à la fin, vous ne vous réintégrez plus vraiment totalement : vous êtes toujours un peu en partance. Alors ensuite je me suis plutôt tourné vers la radiesthésie qui a le grand avantage de favoriser l'enracinement puisqu'on ne peut l'exercer correctement qu'en étant très ancré, très centré sur soi-même. Tout l'inverse, quoi ! Mais il me manquait un aspect émotionnel. Je suis musicien et l'émotion, c'est quelque chose d'important pour moi, ça me parle. Et là, je dois dire qu'au travers de la médiumnité, j'ai été servi comme un Prince ! Mais là encore, quelques inconvénients puisque l'état "décalé" dans lequel il faut se tenir exigeait une assistance pour poser des questions et noter les réponses, et puis, très honnêtement, aussi fascinant cela puisse sembler, il faut bien avouer qu'on n'a pas beaucoup de moyens d'être sûr de l'identité de celui qui est au bout du fil ! Finalement, avec le temps, je crois que j'ai gardé un peu le meilleur de toutes ces approches. Ça fait certainement un mélange pas très académique, mais moi, ça me convient bien. Je m'y retrouve et surtout, ça me permet d'exercer tout en menant une vie sociale à peu près normale.

Q : Alors en quoi consiste le protocole que vous utilisez à présent ?

R : C'est une approche qui se veut aussi intuitive que possible. Dans ce genre d'activité, on est amené à traiter des informations d'un type un peu particulier puisque c'est vraiment le domaine de l'impalpable, de l'intangible par excellence; c'est le domaine des champs dont parle la physique quantique. Ce sont des données brut, ou si vous voulez, pour faire simple : « ça ne parle pas l'humain », c'est un autre langage, extrêmement subtil, riche et signifiant, parfois même extrêmement rapide. Quelque part, c'est "ce qui guide le pinceau du peintre", donc ça reste malgré tout du domaine de ce qui est humainement expérimentable, mais toute la difficulté, c'est de ramener, de traduire ces informations sans les trahir. C'est toute la difficulté de faire entrer du Grand dans du Petit si vous voulez. Donc, j'ai été amené à utiliser la lumière et les couleurs comme un langage intermédiaire, d'où ce nom de « Couleurs de Vie ». Ce code de couleur qui intègre plusieurs niveaux de sens simultanés est, pour moi, une sorte de méthode de lecture holographique qui me permet de ne pas fixer le sens trop vite. Notre mental est ainsi fait qu'il a tendance à évoluer sur des rails, à tout ramener à du connu, et là, le grand danger, ce sont bien évidemment tous nos aprioris. Ce protocole me permet de conserver une certaine distance en ne faisant pas intervenir le raisonnement durant la phase d'acquisition des données. L'investigation se déroule, se développe un peu à la façon d'une photo en chambre noire : c'est à dire, non pas de façon logique ou linéaire, mais petit à petit et dans son entier. C'est dire que la méthode requiert une certaine patience, et au final , dans la phase d'interprétation, une bonne collaboration de la raison et de l'intuition. J'aurais même envie d'y rajouter l'imagination car le fait d'associer les idées me semble plutôt une caractéristique imaginative.

Q : Qu'est-ce qu'une personne peut attendre ou retirer de ce genre d'examen énergétique ?

R : Principalement, une meilleure compréhension d'elle-même, je pense, et sans doute une plus grande maîtrise de sa propre vie, parce que la connaissance de soi ou des choses est un aspect extrêmement important, mais c'est également un puits sans fond, il faut bien le dire. Alors, pour rester pragmatique, il y a des choses qui peuvent se révéler très utiles : c'est de savoir le levier à utiliser pour obtenir le maximum d'impact dans notre vie, ou pour infléchir une trajectoire, et d'autant plus si elle nous conduit droit dans un mur. C'est ce qu'on fait en conduisant notre voiture par exemple : on anticipe en permanence, en fonction de la route, du temps qu'il fait, de notre vitesse, etc…

Q : Mais il y a des tas de gens qui pensent qu'il arrive ce qui « doit » arriver.

R : Oui, c'est parfaitement leur droit, mais là, vous me faites entrer dans le domaine de la philosophie ou des croyances et ce n'est pas du tout l'objet de mon travail. Moi, la réalité que j'observe, c'est simplement celle dans laquelle nos choix ont une influence sur nous-mêmes et sur le cours des choses. Je me garderais bien de philosopher sur l'origine ou la portée de ce fait. Je me contente de constater que nous sommes équipés de ce qui permet d'apprécier la réalité et d'y réagir et ma démarche s'inscrit, par rapport à ça, comme une possibilité d'optimisation.

Vous savez, aujourd'hui, les physiciens parlent d'entrelacement, ce qui est une très jolie image pour décrire un univers où tout est relié à tout. Mais c'est précisément parce que tout est relié à tout et que tout bouge en permanence qu'on n'a jamais assez de recul : on a toujours le nez dans le moteur, on manque de perspective. On a toujours un train de retard, on n'analyse vraiment bien que le passé, parce que lui-seul est stable. Le fait que des gens en viennent à s'en remettre à une notion aussi aléatoire que le destin, c'est peut-être juste un constat d'impuissance face à la masse colossale d'informations que nous délivre l'univers à chaque instant. Mais ce sentiment d'impuissance, c'est peut-être aussi parce qu'on s'y prend mal et qu'on ne fait plus ou pas assez appel à nos capacités intuitives, à notre cerveau droit.

Je crois que c'est là qu'est tout l'intérêt de ces « lectures vibratoires dynamiques » : c'est justement de parvenir à extraire de cette masse d'informations, l'information utile pour un sujet particulier à un moment donné. C'est une démarche qui permet de mieux apprécier les aspects qui déterminent le présent, mais également de dégager les leviers à utiliser pour infléchir le futur dans un sens plus conforme à nos attentes.

Q : Vous pensez vraiment qu'on peut changer le futur ?

R : Si on change le présent, on change forcément le futur ! Le présent contient les germes du futur, c'est juste une question de maturation. C'est un peu comme la croissance des plantes : un jour on voit le bourgeon apparaître, mais il n'est là ni par hasard ni par magie : il est le fruit d'un travail invisible et interne à la plante. C'est pareil pour nous. Ces germes sont en nous, dans notre façon d'appréhender le monde, dans nos désirs, dans nos refus... Qu'on le reconnaisse ou non, de toute façon, nous créons de l'avenir en permanence. C'est pour ça que ça me semble intéressant, non seulement de mettre en lumière ces germes de futur que nous portons en nous, mais également les énergies sous-jacentes de notre environnement.

Je vais prendre un exemple : quand on conduit sa voiture, il y a des panneaux sur le bord des routes pour nous prévenir des dangers. Mais ça va nous prévenir des dangers fixes : un virage, un carrefour, etc … Le meilleur GPS du monde ne va jamais nous dire : « attention, à 650 m croisement avec un type complètement saoul qui ne tient pas sa droite », ou « biche effarouchée s'apprêtant à traverser à la sortie du virage », ou encore « radar mobile caché dans un charmant petit bosquet à 9 km », etc … Ce sont pourtant des situations extrêmement courantes mais qui font partie de ce qu'on appelle généralement les impondérables alors que ces situations sont comme tous les autres faits : elles ont des racines qui sont peut-être invisibles, mais qui existent néanmoins au niveau du champ énergétique. Elles sont disponibles, on peut les lire, ce n'est pas quelque chose qui est de l'ordre de l'imaginaire, mais du subtil, et je vous assure que ça m'a déjà permis d'anticiper des tas de choses en conduisant, d'éviter des accidents qui auraient été imparables, ou de garder mes 12 points sur mon permis.

La conjonction de la trajectoire de la biche et celle de notre voiture, elle est inscrite dans le champ énergétique. Selon que l'on a accès ou non à cette information, il y aura un accident, ou il n'y en aura pas. Dans ce sens, on peut dire que le savoir protège. Il nous offre un plus grand choix de futurs possibles.

Q : Mais est-ce qu'il n'y a pas un problème dans le fait d'être prévenu d'un événement à l'avance ? J'imagine que ça n'engendre pas le même type de réaction que lorsqu'on s'y retrouve confronté réellement.

R : Oui, dans l'urgence, les choix sont toujours réduits au minimum donc ce sont des situations à la fois plus périlleuses mais plus simples. Toute anticipation nous accorde du temps mais exige de notre part un effort de réflexion, d'imagination. On a une plus grande liberté de choix mais c'est aussi une forme de responsabilité que tout le monde n'a pas forcément envie d'assumer. Il y a un stress, un inconfort, c'est certain, mais c'est toujours le même stress qu'à différents moments de notre existence, nous sommes amenés à rencontrer et à surmonter en apprenant à marcher, à nager, à faire l'amour, à conduire une voiture, etc ... Cela fait partie de l'initiation humaine. D'ailleurs les pilotes de rallye ont bien analysé cette nécessité d'anticipation, c'est pourquoi ils ont un navigateur, ils ne pilotent pas seulement à vue. Et en ce moment, par exemple, nous sommes confrontés à la convergence d'un grand nombre de défis collectifs, sur le plan économique, écologique, sanitaire, politique, climatique, voire cosmique, etc ... Il y a une certaine inquiétude à l'égard de l'avenir ... surtout quand on regarde par le hublot et qu'on voit que le pilote de l'avion a sauté avec son parachute doré !!! Mais ça ne change pas fondamentalement le fait qu'un obstacle, quel qu'il soit, c'est fait pour être contourné, et que c'est toujours beaucoup moins facile à faire si on lâche le volant pour se boucher les yeux et crier !

Q : Si vous voulez, un avenir probable, ça n'est pas quelque chose de certain, donc on peut comprendre qu'il soit difficile pour certaines personnes d'accorder du crédit à ce genre d'information.

R : Oui, ça pose le problème de toute les approches préventives. Par définition, toute appréciation du futur est du domaine de la probabilité, mais d'une probabilité qui est tout sauf aléatoire : elle a, au contraire, des racines, et ces racines sont de l'ordre de la réalité présente. De toute façon, il ne faut pas se faire d'illusion, la seule chose qui puisse être absolument certaine, c'est celle qui s'est déjà produite. Malheureusement, il se trouve que c'est aussi celle sur laquelle nous n'avons strictement aucune possibilité d'intervention. Il me semble que s'il y a bien quelque chose sur lequel nous pouvons intervenir, c'est sur notre devenir, c'est même le seul domaine où nous pouvons exprimer notre liberté individuelle. Donc, entre l'inconvénient d'avoir raison trop tôt ou trop tard, pour moi, le choix est vite fait !

Mais je vous l'accorde : il y a de nombreuses façons d'apprécier le cours des choses, mais si on considère déjà, ne serait-ce que la fiabilité toute relative des prévisions météo à 5 jours, ou les mensonges éhontés dont nous abreuvent les autorités comme dans l'affaire de Fukushima, vous avouerez qu'on est quand même en droit de se demander si on est à ce point équipé de ce qui se fait de mieux, pour pouvoir se dispenser de toute autre approche.

Moi, il y a une histoire qui m'a beaucoup touchée c'est celle de ces éléphants, qui, lors du tsunami de 2004, ont senti le danger arriver et se sont mis à l'abris en désobéissant à leur cornacs. Du coup ils ont non seulement sauvé leurs vies, mais aussi celle de ceux qu'ils avaient sur le dos. Et je me souviens très bien de commentaires à l'époque, qui s'étonnaient qu'on aie retrouvé si peu de cadavres d'animaux sauvages. Quelle leçon tous ces animaux nous donnent, quand même ! Et sans la moindre technologie !

Nos anciens également avaient encore un sens très aigu de la prémonition, et ils se préoccupaient beaucoup des signes annonciateurs des événements. Alors ils s'y prenaient de tout un tas de façons qui, bien entendu, font doucement rigoler tous ces gens très sérieux et très sûrs d'eux qui s'affairent à piller le monde ou à rendre l'hémisphère nord invivable pour 25000 ans et plus, mais je pense que cette habilité à percevoir ces signes fait aussi partie de ce qui pourrait nous permettre de reprendre la main sur la façon dont on laisse les choses se faire sur cette planète.

Si vous voulez : en devenant des animaux intellectuels, nous avons beaucoup perdu cette capacité à lire dans l'instant présent, ces germes de futur, et par conséquent, nous avons également perdu beaucoup de confiance dans nos propres capacités d'action, de confiance dans notre pouvoir personnel. Alors, on délègue, on passe notre temps à abandonner notre souveraineté à "ceux qui savent", mais c'est quelque chose que nous pouvons - et que nous devons absolument retrouver d'ailleurs - parce que ces gens-là passent leur temps à nous rouler dans la farine et que c'est de pire en pire.

C'est là que la physique quantique nous a fait un cadeau extraordinaire en nous permettant de ré-aborder autrement des domaines qui jusque là étaient considérés comme irrationnels ou surnaturels, ou en tout cas, pas des sujets suffisamment sérieux pour y risquer nos intelligences (et encore moins nos réputations). Maintenant, ce subtil, on peut l'appeler d'une autre façon : on peut parler des champs qui sous-tendent le vivant; ça fait quand même beaucoup moins Madame Irma ! On sait que c'est du domaine du réel, que c'est même quantifiable, on peut en faire des équations, on peut en déduire des applications. Il y a des scientifiques comme Rupert Sheldrake ou François Martin qui ont réalisé des travaux extraordinaires sur la modélisation des champs de conscience, jusqu'à aborder d'un point de vue mathématique, ce qui pourrait éventuellement continuer à exister dans l'état de mort, ce qui ouvre des perspectives absolument gigantesques. Maintenant, que des tas de gens n'aient toujours pas pris la mesure de cette révolution culturelle, c'est malheureusement d'une évidence affligeante, même chez les intellectuels ou les scientifiques ; mais bon, chacun son problème. L'important, c'est que notre esprit rationnel puisse se sentir légitime dans cette ré-appropriation, cette ré-acquisition de la face cachée des choses, sans avoir à gérer des conflits intérieurs impossibles ou simplement devoir affronter la peur du ridicule.

Q : Oui mais si les gens se mettent vraiment à utiliser leur facultés intuitives, ils vont pouvoir se passer de vos services !

R : Oui, vous avez raison, c'est pas une profession d'avenir, c'est ça que vous voulez dire ? Décidément, déjà musicien, on me disait que c'était pas un vrai métier, j'ai vraiment le chic, moi !

Cela dit, c'est peut-être pas non plus quelque chose qui se fait en un jour par l'opération du St Esprit. Là, on est encore entre deux mondes, et le matérialisme hérité du 19ème siècle influence encore très largement les activités humaines. Et comme pour résoudre les problèmes qui se posent, on a rien trouvé de mieux que d'utiliser les méthodes qui sont précisément celles qui ont créé les problèmes, comme le dit si justement une de mes amies : « on n'a pas le cul sorti des ronces ! », et on risque effectivement d'être de plus en plus confronté à la nécessité de devoir modifier radicalement nos modes de pensée, et dans ce contexte, des gens qui ont déjà une approche pratique de la réalité vibratoire, des dimensions sous-jacentes ont certainement un rôle à jouer et pas seulement par leur exercice, mais aussi en terme de communication, de formation.

Q : Certains pourraient vous rétorquer que ce n'est pas nouveau et qu'à chaque époque troublée, les gens ont tendance à se tourner vers l'irrationnel.

R : Oui, ce n'est pas faux mais c'est aussi un discours d'un autre temps, et vous savez, le traitement par le mépris c'est souvent l'ultime défense des pouvoirs vacillants !

Moi je trouve que ça fait plutôt partie du bon sens de notre espèce d'avoir quelque part toujours gardé cette intuition qu'il y avait autre chose, une autre dimension à l'existence. Quand les langues se délient, on se rend compte que les gens se posent bien plus de questions qu'on voudrait nous le faire croire. Beaucoup de gens ont aussi expérimenté dans leur vie personnelle des situations troublantes ou inexplicables. Ça a résisté à toutes les oppressions : ça a survécu à l'inquisition de l'Eglise, ça survivra bien au Nouvel Ordre Mondial, n'en déplaise à tous ceux qui voudraient bien penser à notre place.

De toute façon, je ne m'inscrit pas du tout dans ce dilemme que je trouve parfaitement archaïque et qui tient absolument à opposer la raison à l'intuition bien au contraire. J'ai bien compris que je disposais de deux hémisphères cérébraux et que ce n'est sans doute pas pour rien, donc j'essaye de fonctionner sur le mode le plus collaboratif possible. Je ne crains pas la confrontation avec les faits : il m'arrive de collaborer avec des médecins ou des chercheurs. Ils me soumettent des cas ou des questionnements, et j'apporte mon éclairage. Eux, l'apprécient avec leur savoir, préconisent tel ou tel examen pour confirmer ce qui se serait révélé dans une « lecture ». Ma part consiste à délivrer de l'information et bien souvent sur des sujets qui me dépassent totalement. Après, chacun en fait ce qu'il veut, ça ne m'appartient pas. Mais ça permet parfois de mettre en évidence, une pathologie en phase initiale, avant qu'elle ne soit devenue symptomatique, ou d'optimiser la mise au point de systèmes techniques alors j'estime que c'est à même de délivrer de l'information utile. C'est ça qui est motivant.

Q : Et comment est-il possible de travailler à distance ?

R : Ça n'a rien de magique, vous savez, c'est juste qu'on sait encore peu de choses sur la nature des champs énergétiques et de leurs caractéristiques. Il y a une chose que la physique a pourtant démontré en laboratoire depuis un petit bout de temps, c'est que deux particules distinctes, même séparées par une très grande distance, peuvent se transmettre de l'information instantanément. Je suppose que c'est le même principe, moi, je me contente de le mettre en pratique, comme la plupart des gens se contentent d'appuyer sur le bouton de leur télécommande, sans avoir la moindre idée de la façon dont fonctionne un poste de télévision.

Que ce soit une personne, un pays, une maison, ce que vous voulez … tout est distinct et identifié de façon très précise dans l'univers pour éviter les confusions. C'est ce qui fait que quand votre voisin gagne au loto, vous n'êtes pas plus riche pour autant, ou quand vous vous tapez sur les doigts, ce n'est pas lui qui a mal.

Q : Et cette identification fonctionne t-elle à tous les coups ?

Oh, du point de vue de l'univers, heureusement que ça ne fonctionne pas trop mal ! Vous imaginez le chaos dans lequel on serait si cette comptabilité des causes et des effets se faisait de façon aléatoire ? De notre point de vue d'humain, l'identification en elle-même n'est pas le plus gros problème, c'est la lecture des informations associées à la personne ou au sujet concerné qui est délicate. Il y a des principes naturels qui font que tout ce qui nous concerne, (et même ce dont on n'est pas conscient), chacune de nos expérimentations, chaque seconde de notre vécu vient s'inscrire dans le « champ de conscience » universel qui est une espèce de gigantesque disque dur. Ce champ, c'est là où la vie instantanée se transforme en mémoire permanente.

Q : Est-ce que cela pourrait être une description de ce que les Indiens appellent « les annales akashiques » ?

Oui, probablement ! Donc si vous connaissez cette histoire, vous devez savoir qu'on ne peut pas s'y présenter n'importe comment pour consulter ce qu'on veut : ces annales ont des gardiens et il faut montrer patte blanche. Bon, c'est une façon un peu imagée de représenter les choses parce qu'il y a assez peu de chances de se heurter à un service d'ordre de ce genre puisque l'information se protège d'elle-même du fait de son identification qui fonctionne à peu près comme un système d'encodage à la fois très subtil et très complexe.

Ce système d'encodage est un phénomène naturel qui est lié au fait qu'aucune information n'est anonyme et que donc chacune d'elle contient la signature énergétique ou vibratoire de ce qui l'a produit. C'est donc cette signature énergétique ou vibratoire qui émane de chaque être à chaque instant, en le caractérisant et le distinguant des autres, qui constitue le « Sésame, ouvres-toi ! ». Sans elle, pas de lecture possible. Il ne faut pas croire tout ce qu'on voit dans les films ; dans le monde réel, il y a des contraintes.

Sur la seule base d'une empreinte vibratoire , il y a pas mal de choses qui peuvent se lire malgré tout, parce qu'elles sont plus ou moins du domaine publique, disons qu'elles font partie du patrimoine commun, de nos implications réciproques, mais plus on veut approfondir un sujet et plus il nous faut être dûment accrédité pour le faire sinon on se perd dans le bruit de fond. Je vais prendre un exemple : imaginez qu'il s'agisse d'une très très grande bibliothèque, si on ne vous a pas dit où était l'information que vous cherchez, vous allez passer votre vie à errer dans les couloirs, et si vous voulez absolument ne pas rentrer bredouille, vous allez bien ramener quelque chose effectivement, mais qui aura peu de chances d'être en rapport direct avec le sujet.

Donc, comme je ne dispose pas encore d'un passe universel, j'ai besoin d'une clef, et cette clef, c'est la personne qui me fait une demande à son sujet qui va me la donner. Dans sa demande est implicitement contenue une acceptation, quelque chose qui dit : « je vous ouvres ma porte ». C'est comme ça que je peux fonctionner.

Sans autorisation explicite de la personne , je pense que le champ d'action est plus limité. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'une demande effectuée par un tiers, selon que la personne à examiner a donné expressément son accord ou non, l'examen peut être fiable ou plus ou moins perturbé par les motivations ou les craintes de la personne qui fait la demande.

Mais il y a certains degrés d'implication qui sont légitimes, et principalement ceux qui sont en rapport avec les liens du sang. S'informer sur son propre enfant fait partie de la responsabilité des parents, tant qu'il n'a pas atteint une autonomie pleine et entière. Il y a aussi le cas des examens de compatibilité ou des tests de recrutement, par exemple. Bien que le questionnement puisse être unilatéral, une personne ou une entreprise peuvent être légitimes dans leur demande ; il y a indéniablement une part qui les concerne directement car un choix à propos d'une personne peut engager celui qui fait la demande, et c'est à cela qu'il est répondu.

Q : Sur quels critères se fondent vos "lectures" ?

R : Je m'inscris dans une démarche très simple qui repose essentiellement sur une notion d'équilibre entre un niveau de besoin et la qualité de la réponse qui est apportée à ce besoin. Soit la réponse est adéquate et là, tout va bien, soit elle ne l'est pas et là, cela va entrainer des dysfonctionnements divers, à des degrés de sévérité variable. Je ne me pose pas la question de la nature ou du niveau de besoin lui-même parce que je prends une situation comme elle se présente, il ne m'appartient pas de la juger. Quoiqu'elle soit, si elle existe, c'est qu'elle réunit les conditions nécessaires à l'existence. Ce qui me semble significatif, c'est l'excès ou l'insuffisance de la réponse parce qu'aucun déséquilibre ne peut être anodin et que la nature passe son temps à compenser les excès sur un plan par des faiblesses sur un autre, ou les faiblesses par des excès.

Q : Et dans le cadre des examens de compatibilité ?

R : Je m'inscris toujours dans la même démarche, c'est à dire la mise en rapport d'un niveau de besoin avec la qualité de la réponse qui est apportée à ce besoin. Sauf que contrairement à un examen individuel, dans le cadre d'une étude de compatibilité, c'est le niveau de besoin de l'un qui est mis en relation avec la réponse que l'autre est à même d'y apporter.

Cela fonctionne pour les personnes, mais ça fonctionne aussi très bien pour apprécier le bienfondé d'une association ou d'un emménagement dans une nouvelle résidence, ou lorsqu'il s'agit d'apprécier si tel ou tel job peut convenir à quelqu'un ou si telle ou telle personne sera en mesure d'assumer ou non une fonction qu'on souhaite lui proposer, etc...

Cela dit, dans le cadre d'une étude de compatibilité, je conseille toujours de procéder avant à des examens individuels dans la mesure où une problématique particulière peut se révéler dans un examen de compatibilité, et pourtant, ne pas être le fruit d'une incompatibilité, mais juste l'expression sur le plan relationnel d'une problématique qui reste personnelle, même si le fait qu'une relation n'amène pas d'amélioration, est déjà une information en soi.

Q : Sous quelle forme se présentent vos examens ?

R : On dit qu'une image est plus parlante que milles mots alors j'essaye de présenter autant que possible le résultat de ces examens sous une forme graphique. Pour la plupart des examens, je joins systématiquement un compte rendu personnalisé parce que je ne suis pas en mesure aujourd'hui de joindre une grille de lecture suffisamment explicite. Et il ne s'agit que d'une première lecture bien sûr et généralement, un échange s'engage et l'on peut approfondir et préciser cette lecture en prenant en compte les conditions particulières de la personne.

Q : Cette méthode de lecture au moyen des couleurs, est-ce que c'est quelque chose que vous avez l'intention de transmettre sous une forme ou une autre ?

R : Je reçois des demandes qui vont dans ce sens, alors j'y réfléchis, mais ce n'est pas simple à transmettre puisque c'est une méthode qui fait beaucoup appel à l'intuition, donc ça s'adresserait plutôt à des gens qui ont déjà une sensibilité au travail, mais s'ils sont au travail, c'est qu'ils mettent déjà en oeuvre quelque chose... Je sais bien qu'aujourd'hui, les gens prennent un peu à droite et un peu à gauche, mais je ne suis pas certain que ces métissages, souvent superficiels, soient bien structurants au bout du compte.

C'est un peu le même problème avec la divination. Il y a des tas de gens qui se servent du tarot par exemple, et qui font leur lecture en se référant à l'interprétation des lames de tel ou tel auteur. Mais seul un travail sur le symbolisme des lames - travail souvent long et fastidieux d'ailleurs - permet la lecture globale d'un tirage. Sans cela on n'est pas dans un processus de divination, mais juste dans un processus intellectuel.

Q : Et dans vos compte-rendus, vous dites vraiment tout ?

R : Ecoutez, je considère qu’à partir du moment où quelqu’un m’interroge, je ne vais pas lui cacher la réponse qu’il obtient, çà n’aurait vraiment pas de sens. Par rapport à ça, je dois dire que je me sens d'autant plus à l'aise depuis que j'ai admis que la réponse ne m'appartenait pas plus que le questionnement. Vous savez, dans ce genre d'activité, on est surtout le facteur : on distribue le courrier, mais on n'écrit pas les lettres.

Et puis, il ne faut jamais perdre de vue que nous sommes des systèmes ouverts dans un monde ouvert où rien de ce qui vit n'est jamais figé. Alors ces lectures, elles sont là pour nous alerter, pour nous interpeller, mais surtout pour nous permettre de faire un meilleur usage de notre pouvoir personnel.

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